Le M.E.P.R.O.G.

Mon Enfant Progresse-t-il ?

AUTRES CAUSES DE L'ÉCHEC SCOLAIRE

La problématique des travaux à domicile ne date pas d’hier.

C’est le Ministre Jean-Marc NOLLET, Ministre de l'Enfance, chargé de l'Enseignement fondamental, de l'accueil et des missions confiées à l'O.N.E,  de 1999 à 2004, qui a eu le courage de s’attaquer à cette importante problématique. Le 29 mars 2001, un décret est voté et vient modifier le « Décret Missions » (art. 5 et 78). La circulaire 108 du 13-05-2001 explicite le décret.

1.Mais que met-on exactement sous le terme « Travaux à domicile » ?

Voici un extrait de la circulaire : point 1 page 2

Les travaux à domicile sont ainsi définis : activité dont la réalisation peut être demandée à l'élève, en dehors des heures de cours, par un membre du personnel enseignant.

Cette définition englobe donc tous les travaux que selon les écoles, on nomme devoirs, leçons ou encore activités de recherche ou de préparation, ... Les dispositions prévues concernent donc bien toutes ces activités et pas uniquement ce qu'il est coutumier d'appeler « devoirs ».

Inutile de dire que cette circulaire est très peu respectée dans les écoles.  Car un élément d’une importance capitale a été très vite zappé par les professionnels de l’éducation : le fait que les directives s’appliquent aux devoirs mais aussi aux leçons. Car cela est très ennuyeux pour certains enseignants de ne pouvoir coter les leçons.  C’est tellement plus facile de reléguer à domicile la mémorisation des savoirs !

Or, ni les devoirs ni les leçons ne peuvent être cotés !!!

2.Les travaux à domicile  ne sont pas obligatoires

Voici un extrait de la circulaire : point 2 pages 2 et 3

Les travaux à domicile sont une faculté laissée aux écoles pas une obligation qui leur serait faite.

Cela signifie que les équipes éducatives qui souhaiteraient fonctionner sans travaux à domicile peuvent bien entendu le faire. Certaines le font déjà. D'autres y réfléchissent.

Cela ne signifie pas que, dans le cas où aucun travail à domicile n'est imposé, l'élève n'est amené ni à s'exercer à travailler seul en gérant le temps disponible, ni encore à mémoriser.

Il importe en effet qu'à l'intérieur du temps scolaire, à côté de moments de travail au sein du groupe-classe ou en groupes restreints (travail en ateliers), soient ménagés des moments pendant lesquels l'enfant apprend à travailler seul ou encore à étudier. C'est sous la guidance du maître, un professionnel de l'apprentissage, que les élèves pourront le mieux apprendre à tirer profit de ces moments.

En effet, étudier une leçon cela s'apprend. Faut-il la lire ou est-il préférable de se la réciter ? Comment et combien de fois ? Comment distinguer les éléments importants de ceux qui sont accessoires ? Par quels moyens les mettre en évidence ? Peut-on anticiper les questions que l'on pourrait poser ? Comment sait-on que l’on sait ?

Gérer son temps cela s'apprend également : anticiper le temps que prendra un travail, prendre note de la planification de son travail dans le temps, évaluer le degré d'avancement du travail, ...

Autant d'apprentissages indispensables par lesquels tous doivent passer et que l'école - et tout particulièrement l'école fondamentale - se doit de prendre en charge. En effet, trop d'adolescents rencontrent de grosses difficultés dans l'enseignement secondaire parce que, une fois rentrés chez eux, ils sont incapables de voir comment étudier, comment préparer une recherche, comment gérer le temps disponible.

Se placer dans cette perspective donne tout son sens à l'expression utilisée par d'aucun : faire ses devoirs à l'école.

3. Voici un résumé de ce décret :

L’école est libre de mettre en place ou non des travaux à domicile !

Si néanmoins, elle en met en place, elle respectera les conditions suivantes :

A chaque âge sa particularité !

-En maternelle : les travaux à domicile sont interdits !

-En 1ère  et 2ème primaires : les travaux à domicile sont interdits mais certaines activités sont permises, à savoir : lire et présenter ce qui a été appris en classe à son entourage.

-En 3ème et 4ème primaires : durée des travaux d’environ 20 minutes par jour

-En 5ème et 6ème primaires : durée des travaux d’environ 30 minutes par jour

Travaux à domicile OUI ! mais pas n’importe lesquels …

Si travail à domicile il y a, l’enfant doit :

-être capable de les faire seul (sans l’aide d’un adulte) ;

-avoir accès à la documentation nécessaire gratuitement.  L’école doit s’en assurer ;

-être en mesure de s’organiser…donc il faut un délai raisonnable pour la réalisation (éviter un maximum les « devoirs pour le lendemain »).

Les travaux à domicile ne peuvent pas :

-être l’objet d’un nouvel apprentissage ;

-faire l’objet d’une cotation.

Que dire alors des petits contrôles journaliers qui, in fine, feront bien partie du prochain bulletin ?

Là, commence tout doucement, sur la pointe des pieds, l’échec scolaire.

Je me suis souvent retrouvée face à des parents en détresse qui ne parvenaient pas à gérer ce temps des devoirs.  La vie familiale s’en trouvait perturbée.  Des parents culpabilisaient parce qu’ils ne pouvaient aider leur enfant et se sentaient responsables de ses résultats.

Que penser aussi des études du soir organisées par certaines écoles ?  Ces études sont facultatives.  Aucun décret ne les prévoit.  On est bien là dans un système de « bénévolat déguisé». Or, les parents paient ces études.  Quant aux objectifs et contenus, ils ne sont bien souvent définis nulle part.  Un parent peut-il exiger que les devoirs et leçons de son enfant soient entièrement terminés en fin d’étude ?  Combien d’enfants participent à ces études ?  S’agit-il d’une étude dirigée ou surveillée ? Si c’est une étude dirigée, l’enseignant doit être très polyvalent car il a devant lui des élèves issus de classes primaires différentes.  Comment peut-il plonger dans chaque matière, ne connaissant pas les méthodes utilisées par le titulaire ? Comment peut-il corriger le travail auprès de chaque élève ?  Comment vérifier la mémorisation ? Et, en conformité avec le décret sur les devoirs, le temps imparti à ceux-ci est terminé après l’étude et même dépassé. Donc, les parents ne devraient plus s’occuper des devoirs si leur enfant est resté à l’étude.  Hélas, ce n’est souvent pas le cas.

4.Constats émis par « l’Observatoire de l’enfance, de la jeunesse et de l’aide à la jeunesse »

à propos des devoirs à domicile.  Leurs conclusions se basent sur le travail d’inventaire, de documentation et de synthèse mené par l’université liégeoise. Plus d’information sur le site « enseignons.be » :

http://www.enseignons.be/actualites/2012/09/08/devoirs-domicile-injustes-sources-stress/

Premier constat : les travaux à domicile – ou à tout le moins certains types de travaux à domicile (notamment les devoirs de « prolongement » et les devoirs créatifs) – renforcent clairement les inégalités entre enfants. En effet, ceux-ci requièrent un encadrement et des ressources matérielles auxquels tous les enfants n’ont pas nécessairement accès. Si le devoir est vu comme un outil de remédiation, les facteurs d’inégalités s’accentuent encore car l’enfant qui éprouve des difficultés prendra davantage de temps pour le réaliser. Il aura aussi besoin d’un peu d’aide pour mieux comprendre la matière.

Deuxième constat : l’externalisation du temps scolaire impacte le temps des loisirs et des apprentissages non-formels, ainsi que le temps familial. « Les conséquences sont négatives pour l’enfant et pour son entourage : stress et réduction du temps consacré aux apprentissages non-formels et du temps libre laissé aux enfants. »

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